ABRACADA TOC

– Les Troubles Obsessionnels Compulsifs –

Savez-vous que nous avons tous un rôle à jouer ?

Je vous propose de mieux comprendre les TOC et de découvrir ensemble le rôle que nous avons tous à jouer pour s’en libérer.

Il y a de nombreux clichés sur les TOC : « c’est très rare », « ce sont des personnes qui se lavent les mains à longueur de journée », «  ils alignent leurs objets », etc …

Pourtant environ 2% de la population adulte est touchée. Cela représente 1 million d’adultes en France et environ 3,5% d’adolescents, soit 500 000 jeunes.

Les Troubles Obsessionnels Compulsifs est une maladie psychiatrique qui peut prendre différentes formes.

 

Faire la différence

Nous avons tous déjà eu des pensées magiques :

« Si le feux rouge passe au vert dans 3 secondes alors je vais réussir mon entretien professionnel », « Si je touche deux fois mon bracelet avant ma compétition, je vais la réussir», etc .. C’est la sensation que nous sommes magiques! Que nos pensées peuvent avoir une influence sur la vie !

Chez les personnes qui souffrent de TOC, ces pensées sont comme scratchées et la pensée n’est pas dissociée de l’acte. « Si je pense que ma mère va avoir un accident de voiture,  c’est que cela va se produire » !

Cela devient une OBSESSION…

L’obsession est donc une pensée qui s’active, sans que la personne ne le choisisse.

Principaux thèmes d’obsessions :

  • de saleté
  • d’erreur
  • de malheur
  • d’agressivité

 

Prenons des images pour expliquer en quoi consiste la pensée obsessionnelle d’un TOC :

Julie, 20 ans va en ville pour acheter une robe. Sur son chemin, elle doit prendre un pont. Et là une obsession arrive, comme un lutin maléfique qui lui glisserait dans l’oreille « Si tu prends ce pont, il va t’arriver à toi ou à tes proches quelque chose de grave ! ». Cette « pensée obsessionnelle » génère une forte émotion chez Julie. Pour calmer sa peur, elle va mettre en place un comportement. Dans ce cas-là, elle « doit » faire 4 allers/retours sur le pont pour annuler la pensée maléfique.

 

Cette obsession s’accompagne d’une COMPULSION

C’est le comportement physique ou mental que la personne va mettre en place pour diminuer son anxiété générée par l’obsession.

Les compulsions, souvent appelées rituels, sont des comportements « forcés » qui vont permettre de « chasser » les obsessions.

  • Rituel de lavage
  • Rituel de vérification et de perfection
  • Rituel mentaux

Connaît-on la cause de ces troubles ?

Il n’y a pas qu’une explication au « pourquoi j’ai des TOC ». Ce sont généralement des personnes anxieuses qui ont vers l’adolescence (ou avant) commencer à avoir des pensées magiques. Souvent, un événement traumatique a accentué ces TOC (une maladie, un deuil, des soucis de santé, etc … ). Comme une manière de se rassurer, de « contrôler » la situation. Ils peuvent disparaître d’eux mêmes ou alors s’amplifier.

Le rôle de l’entourage

Dans un travail thérapeutique sur les TOC, il est important de pouvoir travailler avec l’entourage car sans le savoir il peut renforcer les TOC. Cela n’est pas volontaire et l’entourage fait tout pour aider au mieux.

Dès que nous développons des pensées magiques ou des comportements anxieux le rôle de notre entourage prend alors tout son sens !

Commençons par une histoire qui pourrait être la mienne, la vôtre…la nôtre…

Benjamin à 7 ans.

Il demande à sa maman avant d’aller se coucher:

  • « Maman, maman tu peux regarder dans le placard s’il n’y a pas de monstres!! »
  • « Bien sûr mon chéri! » … « Non, il n’y en pas. »

La maman a envie de bien faire .. mais le message qu’elle lui envoie en faisant cela est que potentiellement des monstres existent et qu’ils peuvent se cacher dans le placard et qu’il a besoin de sa maman pour vérifier.

De façon bienveillante et automatique nous avons tendance à venir renforcer le TOC en rassurant la personne. Le comportement le plus aidant serait de valider le doute pour que ce soit à la personne de venir se rassurer toute seule. La maman de Benjamin pourrait lui répondre: « Les monstres n’existent pas. Pas besoin d’aller vérifier ».

Pour mieux comprendre, voici un autre exemple.

Prenons le cas d’un adulte :

Une jeune femme de 30 ans sent une douleur au niveau de la gorge. Le TOC lui introduit l’idée que « si tu as mal c’est que tu as un cancer de la gorge ! » Elle panique, va probablement chercher des informations sur internet, appeler son médecin et appeler sa maman. La maman va, tout naturellement et avec tout son amour répondre à sa grande fille « mais non, tu as une petite douleur depuis 2 jours, ce n’est rien de grave. Tu as du attraper un petit virus ou attraper froid ! Ne t’inquiète pas ! » La maman se rassure en rassurant sa fille qui est tout de suite soulagée. Ce comportement fonctionne à court terme, mais pas à long terme car alors la fille va continuer à chercher de la réassurance auprès de son entourage.

Sa maman pourrait lui dire « Ok, tu as mal à la gorge. Ton anxiété te dit que c’est un cancer, mais cela peut être autre chose, non ?! » L’idée est de pouvoir exposer la personne à ses doutes et l’inviter à aller chercher PAR ELLE-MÊME à se rassurer. Ce comportement est plus difficile sur court terme et demande un effort à tous, mais il aura beaucoup plus d’impact sur long terme.

On peut ressentir une grande souffrance 

C’est une maladie qui génère beaucoup de souffrance et un grand sentiment de honte!

Les TOC peuvent empêcher d’étudier, de voyager, de sortir, de prendre la voiture. La perte de temps est aussi une réelle souffrance dans de nombreux TOC (je vérifie 10 fois que ma voiture soit bien garée et fermée, je fais 10 fois le trajet pour être sûre que je n’ai écrasé personne, je dois toucher 10 pommes avant de choisir « la bonne »! etc ..)

 

Une chose est sûre vous n’êtes pas tout seul !

Je reçois de nombreuses personnes qui ont des TOC et elles ont souvent l’impression « d’être complètement folle » et éprouve beaucoup de honte ainsi qu’une forte colère envers eux: « non mais pourquoi je m’infflige ça?! ».

N’oubliez jamais que ce n’est pas un choix, c’est une maladie.

C’est une maladie qui génère beaucoup de souffrance et un grand sentiment de honte! “Je suis le seul à réagir de cette manière!”

Rappelez vous, 2 à 3% de la population adulte ont des TOC !

 

Quoi faire ? 

Si cela crée une souffrance, vous avez envie de les diminuer, voire de les éradiquer! Cela est possible, mais demande de la patience et de la motivation.

Bien sûr, chaque personne est unique ainsi que vos TOC.

Les Thérapies Cognitives et Comportementales sont les thérapies les plus à même de prendre en charge les TOC car elles sont concrètes et travaillent aussi bien sur les croyances que sur les comportements. L’idée est d’abord de bien comprendre ce que sont les TOC, leur fonctionnement, de se fixer des objectifs (les vôtres!) et enfin de travailler dessus: scénarios catastrophes, expositions, critiques des croyances, exercices de respirations, etc ..

Au début d’un travail thérapeutique les TOC peuvent augmenter car « ils comprennent » que nous allons tout faire pour les faire partir et du coup ils se renforcent. Cela n’est qu’une phase.

Je conseil systématiquement ce livre des éditions Odiles Jacob: Je ne peux pas m’arrêter de laver, vérifier, compter. Mieux vivre avec un TOC. Il est « facile » à lire, complet et rempli de témoignages.

Dédramatiser et réussir à s’en affranchir !

D’autres personnes ayant des TOC n’en souffrent pas vraiment et arrivent à très bien les cacher! Ils préfèrent même « les garder » car ils les rassurent.

Peut-être aussi connaissez-vous la pièce de théâtre TOC TOC que Laurent Baffie a écrite en 2005. Laurent Baffie lui-même ayant souffert de TOC quand il était enfant a souhaité mettre en situation 6 personnages qui n’auraient pas dû se rencontrer, chacun avec un toc spécifique. Ainsi un sujet grave qu’il a souhaité partager avec beaucoup de délicatesse et de bienveillance.

Avec cette volonté de mieux vivre avec ses TOC l’ouvrage du « toqué » Edouard Moradpour, Moi Edouard vieux garçon maniaque et fier de l’être, s’interroge sur la possibilité d’être heureux lorsque l’on est atteint de TOC. Ce livre offre un témoignage thérapeutique plein d’humour et d’autodérision.

Bon nombre de personnalités ont aussi leur TOC. Je pense entre autre à Rafael Nadal qui a su rendre son TOC « de replacer son slip à chaque service » très glamour…

Et si c’était aussi cela ces fameux rôles clés que nous pouvons tous jouer face à cette maladie… Et si les clés du mieux-être étaient en grande part entre nos mains, dans nos regards, dans nos réactions auprès de nos enfants et nos proches, dans la prise de recul, dans l’aptitude à décomplexer les situations et aussi à faire preuve de beaucoup d’humour.

Article intéressant: http://www.deploie-tes-ailes.org/doc/penseesIntrusives.php
[email protected] Mathilde Depaulis et Alexia Lamouret – Inspire, All rights reserved
Sources photos: Unkown/Mathilde Depaulis – Modèle: Camille Mouchot / Amazon / Gregorio Borgia

Témoignages

Afin de mieux comprendre les différences et l’authenticité de chaque TOC, voici avec leur mots, leurs vécus et leurs ressentis.

Dans un soucis d’anonymat, tous les prénoms sont modifiés. 

Lucas, 33 ans, marié, jeune papa, PDG. 

La voiture

Ce toc est sans doute celui qui me donne le plus de fil à retordre.
Il est ancré en moi car je l’ai toujours eu aussi loin que je m’en souvienne. Concrètement, je suis incapable au sens « tocé » du terme, de garer ma voiture, en sortir, la fermer et m’éloigner d’elle sans me retourner.

Il y a comme une force qui me pousse à rester, à vérifier si celle-ci est fermée correctement. A scruter si elle est bien installée dans sa place, si elle ne dépasse pas, si elle ne gêne pas, si aucun problème immédiat n’est à déclarer.

Et pire, le fait de me lancer à corps perdu dans ce sketch ritualisé ne suffit pas à calmer mon inquiétude, ma peur, mon angoisse de laisser ma chère et tendre voiture, seule, ouverte et mal garée toute la nuit.
Il semble en effet qu’une vérification de portière à l’instant T observée de façon consciente, soit oubliée l’instant d’après. La conséquence immédiate est la répétition du même geste. Ce geste pouvant être démultiplié selon le cas de figure.

Je suis donc près de ma voiture, seul, esseulé, empli de désarroi et de haine envers moi-même car ces longues minutes où je quitte toute rationalité me mettent en colère pendant ce temps-là et longtemps après.
Je n’ai qu’une hâte, celle de rentrer chez moi comme le gars un peu plus loin qui vient de fermer sa voiture d’un clic, en un instant, sans sourciller et qui s’en est allé vers des considérations autres, au moment où de mon côté je demeure là…

Je l’envie, je le déteste de cette facilité assumée qui me fait me détester alors davantage et me place dans un stress impossible.
Je compte les minutes depuis mon arrivée, je m’engueule moi-même intérieurement tout en feignant aux gens qui passent autour de moi, que j’ai une bonne raison de rester cloué à la porte désespérément close de ma voiture mais sans que moi j’en ai la certitude.

Alors je vérifie encore, puis une nouvelle fois, jusqu’à ce que j’arrive à me persuader que oui ma voiture est fermée et qu’il est temps de rentrer chez moi…Parfois 10 min après être arrivé.

Les quelques instants me séparant de mon domicile ne servent alors qu’à ruminer mon regret, mon incompréhension et calmer peu à peu la colère envers moi-même.

Ce problème est devenu tellement récurrent et ancré en moi que le simple fait de prendre ma voiture pour me rendre quelque part me place d’emblée dans un stress, anticipant déjà le moment où je devrai fermer ma voiture.
Le toc est assez difficile à vivre sur l’instant, mais j’en arrive de plus en plus à prévoir ces tocs par automatisme et à me rendre le quotidien plus angoissant avant même que ces derniers se manifestent.

Aujourd’hui, une fois pour toutes je décide de combattre ma maladie en la mettant au jour, la confrontant à mon libre-arbitre. Je suis désireux de m’appliquer à chaque instant à la faire disparaître. De sorte que mes angoisses, mon temps perdu cessent et que j’entrevois tous ces petits moments de la vie avec sérénité.

 

Marie – 36 ans – Mère de deux enfants – Mariée – Assistante

« Lors de mon deuxième accouchement j’ai fait une hémorragie interne. Cela m’a clairement traumatisé et j’ai eu très peur de mourir. Depuis, j’ai une peur viscérale de refaire une hémorragie interne sans m’en rendre compte.

Cette peur a développé des TOC, comme un besoin de contrôler cette situation que j’ai « subi » pendant mon accouchement car je répétais à l’équipe « quelque chose ne va pas » mais on ne m’a pas prise au sérieux.

Voici un exemple de la manifestation de mes TOC :

Si je suis en train de manger au restaurant et que je bois dans un verre à vin je vais regarder le verre sous toutes ses formes pour voir s’il n’est pas fêlé. Le TOC m’introduit l’idée obsessionnelle que ce verre peut être fêlé et que les micro-bouts de verres vont provoquer une hémorragie interne. Je suis donc dans l’évitement et je m’arrête de boire, je demande un nouveau verre, je vais me laver les mains et je vérifie qu’il n’y est pas de bouts sur la table. Cela m’est arrivé de ne plus manger. Un autre exemple, si un de mes enfants casse quelque chose en verre à la maison, je vais les passer sous la douche, me laver les mains plusieurs fois et passer l’aspirateur bien plus qu’il ne le faudrait.

J’ai totalement conscience que cela est irraisonné et cela me crée une grande souffrance car bien qu’ayant toujours été anxieuse, je suis une bonne vivante, joyeuse de vivre et qui aime profiter de la vie.

Les TCC me permettent de mieux comprendre ce fonctionnement, d’avoir des outils pour me rassurer toute seule. Moins demander l’avis à mon entourage et de m’exposer à mes TOC. Il y a encore du travail, mais je suis heureuse de constater que certains TOC ne s’activent plus. De plus, j’ai remarqué que si je suis confrontée à une situation avec des émotions fortes (par exemple, un nouveau travail) mes TOC vont être moins actifs. »

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