Je souhaite vous offrir un espace « ouvert » où chacun peut déposer un témoignage. Le but de cet espace est, dans un premier temps, de permettre aux personnes qui le souhaitent d’écrire sur leur parcours et comment ils ont réussi à surpasser leurs peurs, à gravir leur tristesse, à combattre une maladie, … et dans un deuxième temps de permettre à d’autres personnes de les lire et de se dire « C’est possible! ».

C’est un espace de bienveillance, où chacun choisit son format, sa manière et où bien sûre l’anonymat est préservé. Je remercie les personnes pour leur confiance et si vous souhaitez partager un témoignage vous pouvez m’envoyer un mail à cette adresse: [email protected]

« Juillet 2016 :

Un bilan n’est pas si simple a faire, encore moins a commencer. Alors je me sens au pied du mur, devant la feuille blanche qui semble tout a coup immense, et les mots qui semblent alors tellement pauvre. L’indicible est une excuse que j’ai souvent évoqué, une excuse ou plus exactement une défense derrière laquelle il est commode de s’arrêter. Derrière laquelle il est plutôt confortable de rester dans le traumatisme. Coincée de cette façon, je peux alors me jeter la faute, je suis trop nulle, je n’arrive même pas à écrire un texte, je n’y arriverais jamais, c’est trop dur pour moi, je n’ai pas assez de force ou de courage, ça ne changera jamais, je n’ai pas progressé… Et si une minute j’arrêtais la flagellation inutile, la scarification mentale ? Et si un instant je changeais « juste » d’angle de vu ? Avec un regard bienveillant sur moi même je me rend compte que peut-être si je n’arrive pas a commencer ce texte, c’est simplement que peut-être le moment n’est pas encore venu. Et le moment viendra, je n’en doute plus, les choses ont déjà changé, c’est évident si j’ose le voir. Alors bienveillance. J’essai d’être douce avec moi même, si je ne m’aime pas encore beaucoup, au moins je ne me dénigre plus, j’essai d’arrêter le négatif pour laisser de la possibilité au positif.

Laisser de la place à la possibilité, ce n’est pas si simple quand on a cru sincèrement que plus rien n’était possible… Mais je crois que l’absolu n’existe pas. Je n’ai jamais, même au plus dur de la douleur ou de l’horreur, été absolument malheureuse… Je l’ai été infiniment, triste au point de vouloir en mourir… Mais toujours follement amoureuse de la vie. J’aurais peut-être même préféré ne pas avoir cette pulsion de vie si puissante… Il aurait été plus simple, vraiment de me laisser couler. Oui, plus simple, plus absolu justement, puisque ça aurait été finis. POINT.

Oui MAIS Non, toujours, et quand j’étais trop fatigué pour réaliser que je voulais continuer, j’ai su trouver les personnes qui y croiraient pour moi.

Se faire confiance est vraiment une tâche ardue, qui prend du temps… Cela demande des efforts pour être bienveillant avec soi-même. Ce n’est pas facile, mais ça fait du bien. Pour moi ça m’a permis de comprendre que je pouvais me « sauver ». M’émanciper du milieu psychiatrique… Parce qu’à un moment j’ai voulu croire que je pouvais vivre dehors, que je pouvais être mieux, vivre. J’ai décidé de me faire confiance, et j’ai eu le sentiment que c’était risqué mais finalement j’ai réussi. Et puis maintenant que j’ai plus de bienveillance envers moi même, peut-être que j’accepte encore mieux de demander de l’aide lorsque j’en ai et ressens le besoin. Se faire confiance c’est bizarrement aussi réduire son égo, se donner le droit d’être plus souvent fière de soi, mais réduire d’autant son orgueil… En fait en essayant d’être plus bienveillante envers moi même j’ai observé que je réduisais mes comportements et ressentis négatifs en nourrissant mes comportements et ressentis positifs. Par exemple, j’ai arrêter de me sentir fière parce que ça faisait 25jours, 4h et 22minutes que je ne m’étais pas fait du mal, mais parallèlement je me suis sentis fière d’instants simples tels que passer un agréable moment avec des amis, ou d’avoir fait une belle séance de yoga.

Alors bien sur, il y a toujours des jours ou je me sens fatigué, ou j’ai encore le sentiment que rien ne va, que rien n’avance, et ou le cocon infantilisant de l’hosto psychiatrique redevient tentant… Et dans ces moments j’essaie de m’accrocher a cette phrase, apprise lors d’une séance de méditation, “tout passe, tout change, rien n’est permanent”… La douleur, la colère… elle va passer. Et j’ai expérimenter que moins je m’accroche à elles en nourrissant des ruminations, et plus vite elle passe!

Octobre 2016 :

J’ai connu des tempêtes et des tremblements de terre, du genre qui font table rase et ne te laisse que de la douleur, du genre qui te laissent des stigmates que tu ne pourras jamais effacées. Ah la vie, Ah la mort… Passion. Du genre folie, folie d’amour, folie d’horreur… Mais maintenant, maintenant je vois, je vois que dans les tempêtes un phare a toujours été allumé, parfois désespérément loin, parfois caché par la hauteur des vagues, mais toujours là, dans les tremblements de terre, j’ai toujours trouvé un refuge dans lequel me blottir et attendre que ça passe., je n’ai jamais étouffé. Parfois j’ai cru mourir, peut-être même ai-je failli mourir, mais malgré tout la lumière a toujours été présente.

Pendant un temps je rêvais que tous ces « malheurs » ne me soient pas arrivés, victime, j’étais coincée, limitée par une réalité inacceptable, entre l’indicible et l’impardonnable. J’ai voulu choisir l’impossible, oublier a tous prix, quitte à m’autodétruire quand mon corps refusait d’oublier. Les agressions de la vie se sont inscrites en moi, juste a côté des bons moments… ça a longtemps été insupportable… Et puis finalement désormais je sais que ça fait partis de moi et je ne supporte pas qu’on me dise que je n’ai rien vécu… Rien ? Je ne suis pas constitué de rien, par contre oui, il me reste à vivre, découvrir, aimer, détester, combattre, pardonner… Et je sais désormais que je peux être avec quoique ce soit, je peux être avec ce qui est puisque « tout passe, tout change, rien n’est permanent », rien n’est absolu. Ni absolument joie, ni absolument tristesse. Je sais que je suis ombres et lumières. Je sais que je peux me faire confiance, j’ai été ma pire ennemi, et mon meilleur allié.

Avril 2017 :

Je crois que s’il y a aussi des moments où ça ne va pas, c’est que les lumières n’existerait pas sans ombres, la douleur d’exister peut alors révéler l’essence d’une joie qui sait pourquoi elle veut vivre. Car à un moment donné j’ai réalisé que j’étais seule à pouvoir me sauver, qu’il fallait que je prenne mes responsabilités, chacun est libre, chacun est responsable de son bonheur. Si je n’ai pas choisis ma famille, mon enfance, mes mauvaises rencontres, mon viol, mes deuils… je suis libre aujourd’hui d’en faire une force, une sensibilité à la vie car parfois on a besoin d’épreuves pour grandir. Alors parfois le choix de vivre est douloureux, vertigineux, et parfois il se fait en confiance, cela dépends évidemment de ce qui se passe autour de moi, et cela dépends beaucoup de m’a capacité à être là, être avec ce qui est (peu importe ce que c’est) ici et maintenant dans le présent. Je peux choisir de nourrir mon ombre ou ma lumière, en chaque instant. Alors j’abandonne peu à peu ma peau de victime pour une peau confiante, car je veux l’engagement plutôt que l’abandon, la gratitude plutôt que l’excuse, la pardon plutôt que la rancœur, la curiosité plutôt que la peur, la bienveillance plutôt que l’agression, la paix plutôt que la guerre.

Je regarde la lumière présente dans l’ombre de cette nuit noire, la fin du cycle de la lune, avant la renaissance d’un autre, un soir de nouvelle lune. Cela me rappelle la nécessité parfois de mourir à soi pour se rencontrer véritablement. C’est peut-être cela, la résilience, avancer et oser regarder au delà de nos parts d’ombres ce qui fait de nous des êtres lumières. Oser exister, oser être digne de la vie et ne plus chercher à la refuser est un enseignement de ce chemin vers la résilience. Pardonner et surtout se pardonner, agir dans le non-jugement, développer sa bienveillance en ont été d’autres. Je crois que chacun y trouvera ce dont il a besoin pour créer sa voie lumière, libérer sa voix n’est que le début de notre ouverture à l’univers.

J’ai découvert la douceur de ne voir ni négatif, ni positif en soi. Chaque chose étant une partie d’un tout qui le dépasse et où l’absolu n’existe pas. J’ai choisis l’ouverture, ouverture à tout ce que la vie a de passion. Passion plaisir et passion souffrance puisque l’un ne peut aller sans l’autre et qu’ils peuvent se sublimer.

La résilience n’est peut-être pas un état ultime où « enfin, ça y est, tout va bien ! Tout est finis ! ». C’est un chemin, un voyage qui explore les possibles en éternels évolutions.

Peu à peu je me rassure, je peux le faire, j’y arrive, je suis digne d’exister et d’être bien, peu à peu choisir la vie est plus facile, peu à peu ce choix est moins douloureux, moins vertigineux. Peu à peu e peux être ma meilleur alliée plutôt que mon pire ennemi. Finalement je crois que la résilience est simplement choisir de se sauver. »

« Je repense à ce mois d’avril, où j’ai senti que je perdais pied…

Assise dans cette voiture, tu conduis en automate. La migraine t’empêche de dormir depuis maintenant 1 mois, tu es lasse, fatiguée. Et là tu sens que tout à coup la vie est devenue trop lourde pour toi, il y a trop de choses sur tes épaules, tu te noies…

Tu ne sais plus comment t’en sortir,.., enfin si,…la solution t’apparaît très clairement : « accélère, fonce dans ce mur et le repos enfin … »

Et puis la voix de L. à cet instant qui te fait prendre conscience que tu as 3 enfants à l’arrière…

Tu te dégoutes, tu culpabilises, tu as besoin d’aide,…

Je t’écris cette lettre du futur, car j’aurai vraiment aimé la lire à ce moment-là.

Je viens de compter et je me rends compte qu’il va te falloir neuf mois pour sortir de là. Et ce chiffre n’est pas anodin !! C’est vraiment une seconde naissance que tu vas vivre, une métamorphose.

Je veux que tu te rappelles tout au long de ces 9 mois, ce coup de poing dans le matelas lors de l’accouchement de L..Tout d’abord, il y a eu ces longues heures d’attente, de peur mais aussi cette nuit de solitude qui n’en finit pas et ses doutes. Et puis tu ne t’es plus sentie capable, tu as renoncé, tu as pleuré…

Et tout à coup, venu du plus profond de ton être, une force a jailli et tu as tapé ce poing, tu as su à ce moment-là, que tu réussirais.

Dis-toi que ce que tu vas vivre, c’est la même chose : des larmes, des doutes, des envies de tout envoyer valser, tu ne les compteras pas.

Mais là «  le coup de poing » sera une colère, tout d’abord dévastatrice, puis tu vas peu à peu la dompter et cela va te donner l’énergie pour cette seconde naissance.

ET oui ! Ce sera une nouvelle « C.  ». Enfin pas si nouvelle, tu la connais au fond. Elle a toujours été là, tapit, à attendre sagement. Mais elle en a assez de ses compromis avec la vie.

Justement on en a qu’une de vie !!!Alors MERCI, à cette dépression.

Je suis fière de cette confiance que tu as su donner à ses personnes qui vont t’aider, sur qui tu vas te reposer. Tu vas apprendre que tu n’es pas seule.

Je suis fière de cette « sage patience » que tu vas acquérir au fil des mois.

Je suis fière de l’amour qui existe entre L. et toi qui va rester très fort malgré la tempête.

Je suis fière de L. qui va te soutenir à chaque instant, sans faillir.

Je suis fière de l’éducation, de l’amour et de la sécurité intérieure que nous avons donnée à nos 3 enfants. Ce qui leur a permis de ne pas être trop déstabilisés par ta dépression. Ils ont un solide ancrage.

Je suis fière de ta capacité à rebondir, cette « résilience » ! Tu te sens peut être au plus bas, tu as perdu toute confiance en toi, mais dis-toi que cela va devenir une force. Ces longs mois vont t’apporter un équilibre. J’ai l’impression d’être repartie sur des bases plus solides.

Je suis fière de la personne que je deviens et qui commence seulement à s’aimer… »

Une page de ma vie…

« Aujourd’hui je suis en jupe, j’ai du rouge à lèvre, je sors dans la rue comme cela, je vais à un repas ce soir comme cela et au bras de mon amoureux…

Il y a 3 ans cette phrase aurait pu être dans mes rêves et je n’aurais à peine songé à la penser un jour réalité.

Il y a 3 ans j’ai ressenti le besoin d’être aidé, je ne savais pas trop pourquoi mais une petite voix dans ma tête me disait que quelque chose clochait.

Après plusieurs appels avortés où je raccrochais avant de prendre rendez-vous j’ai finalement trouvé la solution du rendez-vous par mail.

Lors de mon premier rendez-vous mes objectifs étaient de mieux vivre la tentative de suicide de mon frère, d’avoir plus confiance en moi et de mieux me sentir dans mes études.

Le premier point a été résolu plus rapidement que ce que je pensais, mais commencer à rélféchir sur moi m’a amené bien des pensées que je croyais étrangère à moi.

Quels étaient ses rêves qui venaient me hanter la nuit et qui m’avaient hanté étant petite? Je ne me souviens même plus des images, mais elles me rappelaient des souvenirs que je croyais inventer et je n’arrivais pas à les nommer.

Il m’a fallu plusieurs semaines pour que ma tête fasse le tri et que je comprenne les messages que mon inconscient m’envoyait.

Soudain tout paraissait clair, mais est-ce un message inventé ? Une histoire imaginée ? Fantasmée ? Cauchemardée ? Ou est-ce la vérité ?

Impossible d’en être sûre puisque j’avais tout refoulé, que je n’en avais jamais parlé à personne et que je n’y avais jamais même repensé en une dizaine d’années.

Là débute une longue période d’acceptation de cette réalité qui n’est pas si rose, qui n’est pas belle à dire. L’inimaginable m’étais arrivée, l’impensable avait été réalisé.

C’est ainsi que contre ma volonté, j’ai commencé à découvrir/subir ce qu’était l’état de stress post traumatique.

Votre esprit est dans deux mondes parallèles : l’un réel et l’autre où toute action est perçue comme un danger. Entre sursauts incessants, tachycardie oppressante, pleurs omniprésents, cauchemars reviviscents, ces quelques mois ont été, on peut le dire aisément, parmi les pires de ma courte vie.

J’ai pu grâce à un chouette livre, apprendre à comprendre ce qu’il m’arrivait, mes réactions, mes pleurs, mes angoisses incomprises depuis tant de temps.

Se comprendre est l’une des choses les plus importantes pour se permettre de s’accepter, d’avancer, et même d’oser imaginer un jour changer.

J’ai erré sur de nombreux sites internet d’histoire similaires à la mienne. J’ai vu de nombreux témoignages de vie brisée, de filles qui n’avaient pas eu ma chance de tomber sur des personnes aidantes et qui avaient pour certaines maintenant des déviances sexuelles, des lacunes en amour, des énormes problèmes de confiance envers autrui et pour toutes une lacune en confiance en elles.

En lisant tout cela, les larmes coulaient, les mouchoirs s’épuisaient et je regardais ma vie, 4ème année de médecine/en couple et je me disais que finalement j’avais de bonnes bases qui devaient me pousser à aller mieux.

J’ai vécu une année très sombre, je pense que j’aurais pu faire lever le niveau de la Saône avec le nombre de larmes que j’ai versé. Ma tête me fait mal constamment et je ne pouvais réfléchir 5 minutes sans que mon esprit s’égare et que des phrases sombres viennent noircir mon regard.

Etonnement, j’ai réussi à cacher cela à ma famille, à mes amis et en partie à mon copain mais je sentais bien que cela m’isolais/m’enfermais et que chaque moment de solitude se transformais en instant de pleurs. Toutes ces dernières années j’avais quelque part fuit la solitude, je pense pour inconsciemment éviter de devoir penser et l’année dernière j’ai bien eu le temps de me retrouver seule face à moi-même, à mon histoire que je devais, à défaut de la comprendre et de la cautionner, accepter pour pouvoir avancer.

Pas facile, d’accepter le fait d’avoir été touché par des mains non désirables et que, étant jeune et innocente, nous ne comprenions pas l’ampleur de ce qui se passait.

Aujourd’hui encore des flashes reviennent et il m’est toujours impossible de dire exactement en quelle année cela s’est passé ni sur combien de temps, mais je sais que cela est réel et que ce n’est pas mon esprit qui invente ces souvenirs-là. Je me suis maintenant faite une raison et peut dire que j’étais été abusée sexuellement étant enfant, à haute voix sans presque trembler ni pleurer.

Alors que je pensais qu’en enfouissant cela je vivrais mieux, je me suis rendue compte qu’on ne peut plus refermer la porte une fois qu’elle est entrouverte, alors autant l’accepter.

J’avais une grande peur du regard des autres. Peur d’être jugée, prise en pitié, peur de passer pour une faible, une femme salie. Des peurs humaines certes, mais qu’il ne faut pas avoir en réalité.

Il y a 3 ans j’étais sûre que je ne dévoilerais jamais à personne ce secret et pendant longtemps les rendez-vous avec la psychologue étaient mon ilot de paix où je pourrais tout lâcher et être vrai même avec mes secrets sans être jugée.

Un jour, cela était trop difficile de garder tout cela pour moi et j’ai ressenti le besoin de le dévoiler à une amie.

Il y a 3 ans si on m’avait demandé de noter les noms des personnes qui le sauraient un jour je n’aurais pas inscrit les noms des personnes qui le savent actuellement, en dehors du fait que je ne pensais jamais être capable de le dévoiler à quelqu’un un jour.

Partager cette expérience douloureuse avec mes proches a été, certes un moment difficile à vivre, mais m’a aussi libéré. Les réactions ont été toutes différentes, mais je ne me suis pas sentie une seconde jugée, ni salie, je me suis sentie aimée.

Je me souviendrais toujours de la réaction de mon amie d’enfance qui s’est effondrée en larmes en me disant que c’était évident, que cela expliquait tout mon comportement et qu’elle aurait du le comprendre nettement plus tôt. Ou celle d’une autre amie qui ne me croyait pas et qui a du traverser aussi une période d’acceptation pour accepter que cela avait pu m’arriver et que cela ne se retrouvait pas que dans les livres.

Il y a des personnes à qui je pensais en parler et que je ne sentais pas à l’écoute. C’est là où j’ai appris que cela m’appartenais et que j’étais 100% libre de le dire ou pas et de raconter ou pas les détails.

Pour l’instant il m’est trop difficile de dire à quelqu’un d’autre qu’à la psychologue qui est l’auteur des faits et je ne suis pas sure de le dire un jour à mes proches. Dans le fond je sais que ce n’est pas le plus important même si je vois que ça les faits souffrir. Cela est au-dessus de mes forces actuellement mais le chemin n’est surement pas fini.

L’avoir dit à ma maman a été un moment très fort. Je ne voulais pas lui dire pour ne pas lui faire de mal, qu’elle s’en veuille et qu’elle croit qu’elle n’avait pas bien rempli sa mission. La vérité est qu’elle a été parfaite mais que le monde n’est pas rose et qu’elle n’aurait jamais pu imaginer cela. J’avais besoin qu’elle me sert dans ses bras et même si ces questions m’ont fait mal et que je lui ai directement dit que je ne pouvais pas y répondre, cet amour qu’elle m’a apporté m’a beaucoup porté pour avancer.

J’avais du mal à le dire à mon copain puis quand c’est sorti je me suis rendue compte que cela avait enrichi notre relation. Il m’a mieux comprise, à mieux compris les mois qu’ils m’avaient fallu pour comprendre qu’il s’intéressait à moi et les mois qu’il m’avait fallu pour que notre vie sexuelle commence.

Au début, il n’était pas envisageable qu’un garçon puisse me trouver attirante, désirable, intéressante. Pour moi j’étais un être asexuée que personne ne regardait/n’intéressait et cette position me rassurait car elle était plus sécurisante/je prenais moins de risque. Et oui l’amour est un risque. J’avais peur de lui faire confiance, peur de m’abandonner dans ses bras, peur de me dévoiler et de souffrir.

En 3 ans, notre relation a beaucoup grandit, j’accepte de plus en plus ses sentiments envers moi et j’accepte de plus en plus mes sentiments envers lui. Je pense intimement que cette relation m’a beaucoup aidé à me donner la force de faire tout ce travail.

Je voulais aller mieux pour moi pour indirectement aller mieux dans mon couple, mais cet amour qu’il a pour moi, que je ne comprenais pas et est toujours parfois du mal à comprendre, m’a aidé à doucement me donner confiance en moi et l’envie de m’en sortir.

Cette confiance parlons-en, on ne peut pas dire qu’aujourd’hui elle soit au top, cela met du temps, on ne change pas en un claquement de doigts mais j’y travaille, à force de petits défis/exercices, elle grandit et cela fait du bien de se donner l’autorisation, de temps en temps, de se regarder, d’oser se trouver belle, s’oser s’apprêter et d’oser espérer que cela n’est que le début d’une nouvelle vie, celle où enfin ma féminité, toute refoulée, est acceptée et surtout assumée et vécut en tant que telle.

Je ne veux pas me balader en talon aiguille tous les jours, ce ne serait pas moi mais je veux pouvoir m’habiller comme je veux et sortir dans la rue en étant fière et assumer pleinement et si quelqu’un me regarde me dire qu’il me trouve peut être belle et non qu’il me trouve ridicule ou provoquante.

J’ai appris au long de cette aventure, qui n’est pas encore finie, qu’il est important de se connaitre, se comprendre, de se respecter pour espérer changer mais que ce processus est long et qu’il y a de nombreuses étapes qu’il ne faut pas vouloir griller.

Je souhaite continuer ce travail sur moi-même pour continuer à grandir et que cela ait des effets bénéfiques sur mon entourage.

Pendant ce trajet j’ai eu des moments de doute, est ce que je suis assez forte ? Est-ce que j’aime vraiment ma famille/mes amis/mon copain ? Est-ce que je suis à ma place ?….aujourd’hui mes idées sont un peu plus claires et même si je ne trouve pas toujours ma place je sais qu’elle se trouve quelque part et que doucement je la créée et que je peux être fière de ce trajet.

J’ai beaucoup parlé de moi mais il y a une personne sans qui je n’en serai pas là. Elle m’a accompagné dans tous mes moments de doutes, dans mes pleurs, a été disponible au téléphone, par mail, texto tout au long de ce chemin. Je n’oublierai jamais cette aide précieuse que m’a fourni Mathilde Depaulis. C’est une psychologue dévouée, passionnée par son métier, impliquée, intéressée et intéressante. Je me souviens de notre premier rendez-vous et je me suis tout de suite qu’elle m’inspirait et je me rends compte que j’ai eu beaucoup de chance et que surement que sans cette chouette alliance thérapeutique mon travail n’aurait pas été aussi productif.

Je souhaite me servir de tout ce que j’ai appris au niveau personnel et professionnel pour essayer d’aider mes patients avec encore plus d’empathie.

Je pense aux nombreuses personnes qui sont dans la même situation que moi. Celle qui en sont au stade « il y a 3 ans », j’aimerai leur envoyer plein de courage. Ce chemin est long, je me suis longtemps demandé s’il y avait une sortie du tunnel noir mais oui elle existe, il faut croire en soi, accepter les mains tendues sur son chemin et avancer à son rythme. Le chemin durera surement toute nos vies, puisqu’on oubliera jamais, on ne pourra jamais vraiment tourner la page mais le décor sera de plus en plus loin et nous atteindra émotionnellement de moins en moins et nous prendrons de plus en plus goût en la confiance aux autres, le don de l’amour, recevoir l’amour, tant de chose qui nous faisait tellement peur. »

Octobre 2014

Lettre à la petite fille que j’étais (mais que je ne suis plus…)

« Ma petite D. ,

Cet homme t’a bien fait souffrir. A l’âge que tu as, tu ne mesures encore pas toutes les conséquences. Cet inconnu qui t’as touché sur les parties les plus intimes de ton corps, tu vas mettre beaucoup d’années pour admettre que ce n’est pas à toi d’avoir honte et de culpabiliser et donc pour guérir.

Malgré tout je te félicite car aussi petite que tu sois, tu as su mettre en place des stratégies (inconscientes ?) pour te protéger. Un autre enfant aura fait autrement, mais tu as choisi celles qui te semblaient le moins éprouvantes.

Parler ? Comment ?

Dénoncer ? Comment ?

Non… enfouir et prendre ça à la légère ! Et nous avons avancé dans la vie… Avec des hauts et des bas, des joies et des galères, des fiertés et des souffrances et je suis fière de l’adulte que nous sommes devenues.

Ce que cet homme t’a fait subir, à présent, il faut que tu saches que c’est à lui d’en avoir honte et de culpabiliser. Même si toi tu penses qu’après tout, il n’y a eu que ça ; il n’avait pas le droit de poser la main sur ton corps une seule fois. C’est puni par la loi.

Je comprends que ta seule façon de te protéger fût d’enterrer, d’étouffer cette histoire au plus profond de ton corps. Tu as souffert, tu t’es construit une carapace. Une carapace qui a volé en éclat avec la violence de ton père. Tu as voulu la réparer, la consolider pour ne plus jamais souffrir.

Tu aurais pu te réfugier dans les études ce qui aurait fait la joie de tes parents.

Tu aurais pu devenir délinquante ce qui aurait été trop dur à encaisser pour tes parents.

Alors la nourriture fût ton refuge, de la douceur et du ciment pour consolider ta carapace et qu’elle n’explose plus jamais. Des moments de stress, de peines, de tristesse, de mal-être, de fatigue, de découragements… toute cette nourriture te remplissait ! Déconnectée de tes sensations, de tes émotions (trop dur à gérer pour les autres), tu engloutissais tout ce que tu pouvais. Des maux trop durs à encaisser pour une jeune fille puis une jeune adulte qui ne connait pas trop la vie, puis une maman qui apprend son rôle ‘’sur le tas’’. L’adulte que je suis devenue est capable à présent de gérer autrement… Accueillir ses sentiments, aller chercher de l’aide, se défendre et défendre les autres.

La vie est devenue belle depuis quelques années mais tant qu’on accuse les mauvaises personnes et surtout les autres de nos maux, nous sommes dans un cercle vicieux qui ne fait qu’amplifier les symptômes et qui ne guérit pas la maladie.

Petite fille tu peux être rassurée à présent, j’ai les moyens de ressentir, d’accueillir les sentiments et de les gérer. Nous avons avancé en deux entités différentes, pensant que c’était la meilleure solution. Nous sommes une seule et même personne.

Nous avons avancé dans la vie… les belles et moins belles rencontres que j’ai faites m’ont faits évoluées et ont contribuées à la belle personne que je suis devenue…

Et soudain tout change…

-Gilles Legardinier-

Juin 2016

Depuis bien longtemps, j’ai compris tout ce qui m’était arrivée et j’ai commencé à guérir. Je vois, comme on dit le bout du tunnel. Ou alors, ma nouvelle vie commence parce que j’ai compris que je n’en avais qu’une ; je devrais lire le livre je crois !!!

Bref, même si j’avais compris tout ce qui m’étais arrivée je continuais à manger plus que je ne le devais, toujours beaucoup plus ! Est-ce que je ne voulais pas guérir ? Avais-je assez de volonté ? Il me semblait pourtant vouloir être heureuse même si beaucoup de personnes (même des médecins) me disent que ce qui se passe chez moi est dans la tête. Il me semblait pouvoir arrêté de manger, j’avais bien arrêté de fumer ; ce n’est pas plus difficile ?!!!

Au fil des mois et de mes lectures, je me suis intéressée de plus près au sucre. J’avais bien essayé d’arrêter plusieurs fois avec de bons résultats, mais je retombais dedans inexorablement… et puis j’ai fini par me rendre compte que c’était une addiction ! En prenant mon dernier problème comme tel, j’ai arrêté le mauvais sucre… J’en suis au sevrage et ce n’est pas facile mais je tiendrais le coup car j’ai compris ce qui était bon pour moi… »

Blog sur la résilience

Jean-Christophe qui devient trétraplégique suite à un accident de surf, décide de nous raconter son premier jour.

Lili Sohn a été diagnostiquée d’un cancer du sein à l’âge de 29 ans. Elle a alors « découvert son super pouvoir de magicienne : transformer le caca en paillettes. »

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Témoignage d’Amy Purdy, une histoire émouvante