L’agoraphobie : « Un jour j’irai là-bas ! »

Vous êtes-vous déjà dit :

« Euh…je pense que je vais plutôt prendre la nationale plutôt que l’autoroute… »

« On pourrait choisir la table la plus proche de la porte si nous allons au restaurant … ? »

« Il faudrait que quelqu’un m’accompagne au centre commercial… ? je ne suis pas certaine de pouvoir y aller seule… »

Ces questionnements sont ou ont été peut-être les vôtres ou peut être encore vous rappellent-ils quelqu’un de votre entourage…. Ils peuvent se manifester dans bon nombre de situation ; pour aller faire vos courses, aller au restaurant, dans un bar, voir un film, au cinéma, un concert, prendre les transports en commun ou même partir en vacances en avion…

Je vous propose de découvrir avec moi ce qui se cache derrière l’expression de ces peurs qui peuvent être les vôtres ou celles de vos proches…

Tout d’abord aviez-vous déjà fait le lien entre ces comportements et ce que nous nommons l’agoraphobie… ?

Si je vous dis Agoraphobie vous allez sûrement me dire que c’est la peur des grands espaces ou la peur de la foule.

Effectivement dans la Grèce antique, l’agora était la place publique où les gens de la cité se réunissaient et discutaient. Le mot phobie, lui, désigne les peurs.

La définition de ce trouble anxieux est bien plus large « l’agoraphobie se caractérise par une peur et une anxiété concernant différentes situations dans lesquelles il pourrait être difficile de s’échapper ou l’aide ne pourrait ne pas être disponible en cas de symptômes tels que ceux de panique ou d’autres symptômes incapacitants ou embarrassants » DSM-5   

Selon le Manuel de Diagnostic et Statistique la personne qui souffre d’agoraphobie a une peur ou une anxiété marquée qui concerne au moins 2 des situations suivantes :

  • Transports publics
  • Espaces ouverts
  • Endroits fermés
  • Faire la file/être dans une foule
  • Être à l’extérieur d’une maison, seul(e)
L’Agoraphobie concerne aujourd’hui 7% de la population.

Dans le DSM 5 nous devons préciser si l’agoraphobie est accompagnée d’un trouble panique ou non. Un trouble panique est la peur d’avoir une crise d’angoisse.

Si vous souhaitez en savoir davantage sur les crises d’angoisse, je vous invite à lire mon précédent article à ce sujet.

« J’ai peur donc je suis »

La peur est un phénomène naturel qui permet la survie. C’est la réaction physiologique immédiate au danger qui permet de l’affronter ou de s’y soustraire. Dans le cas de l’agoraphobie, la peur apparait dans des situations qui ne devraient pas la susciter. Elle se manifeste aussi de manière disproportionnée et excessive. 

La peur d’avoir peur !

Au point de départ de l’agoraphobie il y a souvent une sensation de fatigue et un moment où l’on se sent fragilisé.

Ainsi une personne peut se dire d’un coup « non je ne peux pas sortir et je ne peux pas me rendre là aujourd‘hui car je vais commencer à me sentir mal, je vais m’évanouir et j’ai peur de mourir… »

Le mécanisme de la peur enclenche alors une spirale infernale qui se construit et s’auto-nourrit peu à peu sur des frontières invisibles.

La personne qui souffre d’agoraphobie est dans l’évitement de toutes les situations qui l’angoisse et dans le calcul permanent. Sortir devient de plus en plus difficile et si c’est le cas, le désir de fuir à tout prix est plus fort que tout.

Briser les cages – demander de l’aide

Si l’agoraphobie peut vite devenir un emprisonnement avec de lourdes conséquences sur son bien-être et sa vie tant personnelle que professionnelle, il existe aussi de nombreuses solutions qui s’offrent à vous pour briser les cages !

Pour cela il faut tout d’abord prendre conscience de ces symptômes et en parler. 

Souvent ce trouble s’accompagne d’un sentiment de honte. Beaucoup sont ceux qui n’en parlent pas et gardent cela pour eux et ont parfois l’impression de devenir fou.

Ma première intention avec cet article s’adresse alors à ces personnes pour libérer la parole. Je souhaiterais ici leur dire qu’ils ne sont pas seuls ! De nombreuses solutions existent aujourd’hui et c’est en parlant que le premier pas vers la libération pourra se faire.

source: inconnue

Reprendre le contrôle

Médicalement et physiologiquement les crises d’angoisses n’ont aucune conséquences. En revanche ce qu’elle ressent est extrêmement violent et impressionnant à ressentir il faut donc absolument le traiter et si possible dès le début. Après en avoir parlé à ses proches et/ou à son médecin, l’idée est donc de choisir une thérapie qui va permettre de reprendre le contrôle sur sa vie et retrouver sa part de liberté ! Parler et faire ce choix de se faire aider est la première victoire ! 

Il existe donc différentes approchent thérapeutiques qui ont fait leurs preuves sur ces troubles : 

  • L’Hypnose
  • L’EMDR
  • Les Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC)

Le plus important est tout d’abord de trouver le psychothérapeute ou thérapeute qui VOUS correspond et avec qui vous vous sentez en confiance.

Les Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC) auxquelles je suis formée peuvent vous permettre de reprendre le dessus sur ces peurs et ces angoisses invalidantes.

Comment ?

« Relax take it easy »

Désamorcer le processus de nos pensées en comprenant qu’elles sont à l’origine de tout…et que nos pensées ne sont que des pensées.

Il s’agit donc de s’apaiser, de réacquérir davantage de calme au niveau de notre mental, de stopper les ruminations et arrêter d’anticiper en se faisant des scénarios angoissants.

Ce calme retrouvé est ainsi une deuxième victoire ! 

Opération désensibilisation

L’idée est de pouvoir s’exposer progressivement à des situations anxieuses que nous avons tendance à éviter… s’exposer par tout petit pas de manière très progressive à sa peur. Cela se fait via des étapes d’imagination et de visualisation. Nous apprenons à affronter sa peur dans une zone de confort et de maitrise tout en étant accompagné et guidé. Cette étape se fait toute en douceur, au rythme d’acceptation de chacun et avec beaucoup d’écoute.

Même plus peur

A cette étape, nous nous sentons plus libre! Dire non à sa phobie, bye bye à sa peur, ne plus obéir à ses pensées et réapprendre à vivre selon ses propres souhaits, ses propres envies.

Références :


Cet article a été rédigé par Mathilde Depaulis avec la collaboration d’Alexia Lamouret.

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